Envie de parler des arbres-Vrksâsana

Les arbres, un pont entre la terre et le ciel

J’ai toujours aimé les arbres. Dans le jardin de la maison de mes grands parents, qui plus tard est devenue la mienne, il y en avait plusieurs, et j’aimais grimper entre leurs branches et profiter de leur sérénité. Lorsque j’ai rendu visite à une amie au Burkina Faso, je suis restée des heures sous les manguiers à écouter le murmure de leurs feuilles sèches dans le vent. C’était comme une voix qui me parlait…

Les arbres sont pour moi les créatures les plus apaisantes, et les plus complètes. Ils plantent leur racines dans l’énergie de la Terre, et déploient leurs feuilles vers le ciel pour en capter la lumière. J’ai très tôt compris que nous devons, nous les humains, chercher à nous équilibrer comme eux: nous sommes comme un lien entre la Terre et l’énergie de l’Univers, et rien ne sert de chercher à être dans l’un ou dans l’autre de façon exclusive.

Avec toutes ces qualités, les arbres sont de supers endroits pour pratiquer le yoga. L’énergie qu’ils véhiculent enveloppe notre corps pendant la séance, et le murmure apaisant de leurs feuilles peut guider la méditation. Les chênes, par exemple, sont considérés depuis les temps anciens comme des arbres dégageant une énergie particulièrement bénéfique, et ont souvent été des lieux de vénération ou de cérémonies, tout comme les grands figuiers maudits en Asie qui sont recouverts de banderoles et de foulards sacrés.

Cependant, il y a quelques inconvénients à ne pas oublier lorsqu’on veut pratiquer dans leur ombre… et notamment les chutes inopinées de fruits, ou pire, de crottes d’oiseaux! Perso mon arbre fétiche en Guadeloupe, c’est mon manguier, dans mon jardin. Mais franchement, je ne pense pas le squatter a la saison des mangues, quand il y en a quinze par jour qui se décrochent et risquent de me tomber sur la tête…

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Mon manguier

 

Ca marche aussi pour les pommiers (sauf si on s’appelle Newton), les pêchers, les abricotiers… et surtout les cocotiers (il paraît qu’il y a plus de morts par chute de noix de coco que par morsure de requins… pourtant, on n’en parle pas autant!).

Expérimenter Vrksasana

Je ne vais pas ici parler de cette magnifique posture qu’est Vrksasana en des termes techniques, de nombreux sites et blogs le font déjà. Tout ce que je souhaite, c’est partager mon ressenti pour vous la faire apprécier dans toute sa saveur…

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D’abord, on se sent nul. Le pied glisse. La cheville se tord. Le corps tombe d’un côté ou de l’autre.

Et puis un jour, on sent l’équilibre venir. Tout est question de placement de l’attention : il ne faut pas se focaliser sur le haut du corps mais bien se placer dans la jambe plantée dans le sol.

Avant de me remettre au yoga, j’ai aussi commencé le Viêt VO dao, et il y a une position qui ressemble : « haktan », comme une grue dans un lac, le genou en l’air. A l’échauffement on nous fait tenir super longtemps comme ça, et j’ai fini par sentir dans ma chair comment me stabiliser. J’ai imaginé des racines sortant de la plante de mon pied et s’enfonçant dans la terre, dont on ressent l’énergie en connexion avec la peau. Pour tenir, on peut étendre la sensation à toute la jambe, à partir de la hanche, comme si les racines s’enroulaient tout autour.

En commençant la formation de yoga, l’arbre fait partie des premiers asanas a travailler. Du coup je l’ai fait dans chacune de mes séances, et j’en ai tiré très vite des bénéfices.

  • L’amélioration de mon équilibre

A la base, je n’ai pas un super équilibre, ce qui me pose encore quelques petits problèmes quand je surfe. Et maintenant, alors que j’attaque le huitième mois de grossesse, c’est encore plus le challenge, car le centre de gravité change. Malgré tout, après avoir fait Vrksasana durant plusieurs jours, j’ai vraiment mieux ressenti mon corps, je me le suis mieux appropriée, et j’ai réussi à trouver où se trouve le nouveau centre de gravité à chaque tentative (car bien entendu, avec le ventre qui gonfle, ça peut changer tous les jours…).

  • La stabilité émotionnelle

Aujourd’hui la vie quotidienne va a 100 à l’heure. On est pris par le travail, les tâches incontournables, les smartphones qui bippent a longueur de temps… Le temps ne nous paraît jamais assez long pour caser dans une journée ce que nous avons à y faire, et notre équilibre est sans cesse perturbé.  Le surmenage guette…

Mais la posture de l’arbre apporte une grande stabilité de l’esprit. Forcé de se concentrer, il se vide automatiquement des pensées parasites. La stabilité physique entraîne alors un sentiment de profond équilibre mental, bien enraciné dans l’énergie de la terre, mais ouvrant aussi la tête vers le ciel, libérant ajna chakra. Lorsque je parviens à le tenir plusieurs minutes, je sens vraiment mon corps comme un tronc ou une colonne de temple ancien, bien droit et puissant, connectant les énergies de la terre et du ciel, et déployant toutes ses ramifications, racines et feuillage.

Et quand j’arrive à tenir quelques secondes les yeux fermés, voire en jyotimudra (avec les doigts qui ferment les yeux et les oreilles), c’est encore plus délicieux. L’esprit s’apaise totalement, le temps disparaît, et je touche, me semble-t-il, à ce qu’est l’éternité… Pas celle qui dure indéfiniment, non, celle qui se trouve dans l’instant, immobile et parfait.

Alors voilà, quand vous croiserez un arbre, pensez à l’honorer, et prenez exemple sur lui pour pratiquer cet asana!

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